Une joueuse de handball en plein saut s'apprête à tirer au but en match.

À Montpellier, le MHB féminin change de dimension

Par la rédaction de femmedunet.fr

Publié le 27 juin 2026

Les Féminines du MHB joueront en D2 la saison prochaine, avec Laurent Puigségur sur le banc et un soutien renforcé de Montpellier Méditerranée Métropole. La promotion sportive devient aussi un projet local plus large : installer le handball féminin dans la durée, ouvrir une trajectoire d’élite aux jeunes joueuses et pousser la pratique dans les quartiers.

L’annonce a été détaillée lundi 22 juin lors de la présentation de Laurent Puigségur, figure historique du Montpellier Handball, comme nouvel entraîneur de l’équipe féminine. Le club avait fixé un cap clair au moment de son rapprochement avec le HBF3M, en juillet 2024 : atteindre la D2 féminine en trois saisons. L’objectif est rempli avec un an d’avance.

Une montée qui change la place des joueuses au MHB

Pour le MHB, cette accession ne se limite pas à un changement de division. Le club veut donner aux filles un parcours lisible sous les mêmes couleurs que les garçons, de la formation jusqu’au haut niveau.

À Montpellier, le MHB féminin change de dimension

Vincent Hugonnet, président de l’association MHB, fixe une ambition de taille : le club compte plus de 950 licenciés, dont environ 300 filles, et vise 2 000 licenciés d’ici cinq ans. Cette croissance passera, selon lui, par le développement du handball féminin, mais aussi par une présence plus forte dans les quartiers avec des partenaires locaux comme le MUC ou La Chamberte.

Le discours est partagé par Julien Deljarry, président du club, qui présente la féminisation comme un projet de club et de territoire. Il souhaite aussi que les calendriers permettent aux filles de jouer en lever de rideau des garçons, afin de créer des rendez-vous communs où le public montpelliérain n’aurait pas à choisir entre les deux équipes.

Laurent Puigségur, un nom lourd pour une saison de maintien

Le choix de Laurent Puigségur donne du poids à cette nouvelle étape. Ancien joueur emblématique du MHB, vainqueur de 20 titres avec le club et membre du Hall of Fame, il retrouve une maison qu’il connaît depuis les années 1990.

Son premier objectif reste mesuré : le maintien. Le passage de la N1 à la D2 place l’équipe face à un niveau professionnel plus exigeant, avec une saison de montée souvent délicate à gérer. Le nouvel entraîneur a aussi fixé une priorité de formation : faire progresser l’équipe réserve vers la N2, niveau nécessaire pour intégrer davantage les joueuses du pôle Espoirs dans un parcours régional cohérent.

À Montpellier, le MHB féminin change de dimension

Océane Villalonga, entraîneuse principale la saison passée, restera impliquée comme adjointe de Laurent Puigségur. Elle poursuivra sa formation pour obtenir les diplômes permettant d’entraîner au plus haut niveau professionnel.

Le recrutement annoncé confirme la volonté d’équilibrer l’effectif : Flavie Le Doux, Iona Stemmer, Meredith Guidani, Adèle Sommelier, Iris Peltier et Louane Degermann rejoignent le groupe. La reprise de l’entraînement est prévue le 20 juillet, avant un premier match de championnat annoncé le 29 août.

Montpellier veut accélérer sur le sport féminin

La Ville de Montpellier et Montpellier Méditerranée Métropole placent cette montée dans une stratégie plus large. Hervé Martin, vice-président de la Métropole délégué à la politique sportive pour toutes et tous, affirme vouloir faire de Montpellier la première ville de France pour le sport féminin.

L’enjeu dépasse la vitrine de l’élite. Les collectivités veulent augmenter le nombre de licenciées tous sports confondus, soutenir les clubs féminins et garantir l’accès à la pratique, notamment dans les quartiers prioritaires. Le territoire dispose déjà de plusieurs équipes féminines identifiées, du MHR au MHSC en football, en passant par le volley.

À Montpellier, le MHB féminin change de dimension

Pour accompagner la montée des Féminines du MHB en D2, la Métropole ajoute 250 000 euros de subvention. Ce soutien public vise aussi à rendre le projet plus crédible auprès des partenaires privés, dans un modèle économique encore moins structuré que celui du sport masculin.

Les subventions liées à la présence d’une section féminine

La Ville entend également faire évoluer ses critères d’aide aux associations sportives. Christophe Bourdin, élu aux Sports de la Ville, indique que l’existence d’une section féminine fera partie des critères d’attribution des subventions.

Ce choix aura des effets concrets au-delà du MHB. Les clubs disposant d’une section féminine pourront être davantage soutenus, mais les infrastructures devront suivre, notamment les vestiaires et les conditions d’accueil. Le développement du sport féminin ne se jouera donc pas seulement sur les terrains : il dépendra aussi des équipements, de l’encadrement et de la capacité à conserver les jeunes talents localement.

À terme, le MHB veut que 50 % de son effectif Élite soit issu de Montpellier et de sa métropole. Pour Laurent Puigségur, le talent existe déjà sur le territoire ; l’étape suivante consiste à le garder, alors que les meilleures jeunes joueuses doivent encore souvent partir pour progresser.

Source: En Commun – Montpellier

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